Compte rendu: stage de shôrinji-ryû avec Yoshitoshi Sato

Publié le par Tijigaya

Les 7 et 8 mars s'est déroulé un stage de shôrinji-ryû organisé à Amnéville (57) par Gilbert Gruss. Maître Yoshitoshi Sato, né en 1933, qui a étudié le karaté avec des maîtres fameux tels que Nakazato Jôen et Zenryô Shimabukuro, tous deux élèves du non moins célèbre Kyan Chotoku, avait pour but de nous montrer un karaté authentique, tel qu'il était pratiqué au 19e siècle. Maître Sato se veut le gardien de la tradition du vieux Shurite, son karaté étant sensé être le seul resté inchangé depuis les initiateurs du style. De nombreux  pratiquants, quasiment tous ceintures noires, étaient venus de toutes la région pour participer à ce stage exceptionnel.

Maître Yoshitoshi Sato

Au programme: échauffement articulaire et étirements, techniques de base (kion), techniques à deux (type sanbon kumite), le kata passai, et une démonstration de techniques au baton et de self-défense enseignée à la police japonaise.

Je passerai sur l'échauffement, rapide mais suffisant: il consistait en des levée de genoux, rotations des épaules, étirements des jambes. Cinq minutes nous ont suffit. Maître Sato n'a pas continué plus loin, nous expliquant qu'il existe plein d'autres exercices. Puis nous sommes passés aux techniques: nous avons effectué les frappes de base. Sur le mae-geri, on nous a expliqué de frapper rapidement mais de ne pas reposer la jambe immédiatement, ce qui permet d'une part de pouvoir refrapper plus rapidement, d'autre part de se protéger l'entre-jambe en cas de contre-attaque. Puis nous avons enchaîné par les techniques de poing et de blocages. L'exercice a été rapide. Nous avons enchaîné par du sabon kumite: le partenaire exécutait trois attaques que l'autre devait bloquer trois fois de la même manière. Rien d'exceptionnel, tous les karateka sont habitués à ces exercices que maître Sato n'a pas cherché à approfondir. Pour moi, cette partie aurait pu être plus intéressante.

Ensuite, Maître Sato nous a montré le kata passai, tel qu'il était pratiqué avant les réformes d'Anko Itosu. Ce kata ressemble assez au kata tomari passai que l'on pratique dans mon école. Les techniques de "mains qui cherchent" sont éxécutées lentement, car selon l'intervenant, elles sont faites pour chercher à tâton dans le noir pour pouvoir repartir plus rapidement ensuite. Ce kata contient de nombreuses techniques mains ouvertes, contrairement aux bassai contemporains, et de nombreuses techniques de jambes (notamment le fait de lever le genoux à de nombreuses reprises pour se protéger ou frapper). Après la démonstration, Maître Sato nous a fait répéter le kata plusieurs fois... en fait nous n'avons fait plus que ça jusqu'à le fin de la journée. Le kata était intéressant, mais nous avons passé quasiment deux heures assis à regarder le sensei parler ou faire des démonstrations seul.  Cela est dû à son âge respectable, mais je pense que le stage a été mal organisé. J'ai trouvé un peu décevant le one-man-show. Les applications de passai étaient au programme, mais Maître Sato n'a fait que les dispenser oralement sans nous les faire tester.

Pour finir nous avons eu droit à une démonstration de techniques de bâton court enchaînées avec des clés de bras.

Je n'ai participé qu'au stage du samedi, donc je ne peux me prononcer sur  son ensemble, mais je peux dire qu'il n'était pas à la hauteur de mes espérances. Ce n'est pas un jugement sur  Maître Sato qui est réputé pour avoir été un grand karateka plus jeune, ni sur son école. Son expérience hors du commun l'a fait cotoyé de grands noms du karaté. Simplement la mauvaise organisation du stage a été nuisible. Cela n'enlève rien à la gentillesse de maître Sato qui reste quelqu'un de très accessible  (j'ai pu lui poser quelques questions et j'ai eu droit, avec d'autres personnes de mon club, à quelques explications historiques et techniques).

Publié dans Stages

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