Tanren hô: kitae waza

Publié le par Tijigaya

 Avant toute chose, je dois prévenir que les techniques décrites dans cet article doivent être utilisées avec parcimonie, de manière proportionnée, raisonnée, et surtout progressive. Une utilisation inconsidérée de ces méthodes peut entraîner des lésions irréversibles. Ce billet n'est qu'un résumé, vous trouverez plus d'informations ici.

 

Les écoles de karate d'Okinawa, sous l'influence des arts martiaux chinois, ceux du Fujian notamment, ont développé des execices visant à renforcer le corps pour une plus grande efficacité en combat. Efficacité tant pour frapper que pour recevoir et encaisser les coups sans avoir peur de la blessure. Ces méthodes sont appelées kitae waza et font partie des méthodes de renforcement ou tanren hô. Les arts martiaux d'Okinawa suivent l'idée selon laquelle tout ce qui peut être renforcé doit être renforcé par la musculation et le travail en kitae, et tout ce qui ne peut pas l'être (comme les parties génitales ou les yeux), doit être protégé avec la garde et les bloquages, pour reprendre maître Shimabukuro.

Kitae waza: les bases

Dans un premier temps, le travail de renforcement se fera par la répétition de sanchin ou de naihanchin. En effet, selon Lionel Lebigot, ces kata permettent une meilleure vascularisation et circulation sanguine, ce qui a pour effet de nourir les cellules qui construisent les os. Ensuite, il existe un exercice qui permet au corps de s'habituer "en douceur" au contact. J'ai eu l'occasion de travailler ces techniques lors d'un stage, et je dois dire qu'elles sont très intéressantes et peu orthodoxes: il s'agit de frotter de manière appuyée les zones de contact comme les avant-bras et les tibias. En pratique, cela donne des situations un peu cocasses où les partenaires peuvent être amenés à s'épiler littéralement les tibias!  On peut également procéder par roulement d'un bâton par exemple. Ces deux méthodes peuvent former une première étape.

Kitae waza: le produit fini

En second lieu viennent les exercices avec frappes. En réalité, selon les experts, il semble qu'ils soient intéressants pour deux raison: travailler la condition mentale pour le receveur (peur de recevoir les coups) et travail en détente pour le donneur. Ces exercices peuvent se faire sous forme d'exercices ritualisés: on se donnera mutuellement des coups de pied dans les cuisses, on receptionnera le coup avec le tibia, on s'entrechoquera les avant, bras, les épaules, le dos, on frappera le ventre du partenaire... Un autre travail consiste à recevoir des coups pendant la performance de sanchin ou naihanchin. Mais tout cela ne sera à travailler raisonnablement qu'après une période longue et lente d'adaptation! Ne vous fiez pas aux démonstrations qui ne sont faites que pour impressionner les spectateurs et qui ne montrent que le produit final.

Exemple de renforcement par frappes de l'école uechi-ryû:


Et voici du renforcement appliqué pendant le kata naihanchi du shôrin-ryû:


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